La tragédie du Titan met en lumière la face cachée de l’humanité
Si vous êtes claustrophobe, il n’est pas recommandé de descendre au fond de l’Atlantique Nord dans un submersible de la taille d’un monospace.
« Imaginez un tube métallique de quelques mètres de long », a déclaré Arthur Loibl, l’un des premiers clients d’OceanGate à avoir embarqué à bord du Titan, un submersible pouvant transporter cinq passagers à une profondeur d’environ 3 800 mètres pour observer l’épave du Titanic. « On ne peut ni se tenir debout ni s’agenouiller. Tout le monde est assis les uns contre les autres ou les uns sur les autres », explique cet homme d’affaires allemand à la retraite, qui a comparé sa plongée à bord du Titan à une mission suicide.
Depuis qu’OceanGate a lancé ses excursions vers le Titanic en 2021, Loibl fait partie des 46 personnes qui ont pu observer l’épave du navire de 1912 à travers le petit hublot du Titan – et qui ont survécu pour en parler. Mais le 22 juin 2023, un expert français du Titanic, un aventurier britannique, un homme d’affaires pakistanais et son fils, ainsi que le PDG d’OceanGate, ont été déclarés morts après la découverte de débris sur le fond de l’océan.
Cédant à la pression des profondeurs, le submersible avait implosé.
Une mascarade prolongée et cauchemardesque
Le Titan a pris la mer tôt le dimanche matin du 18 juin, et dès l’après-midi, il a été signalé en retard à environ 435 miles au sud de St. John’s, à Terre-Neuve. Ce qui s’est passé au cours des jours suivants, selon James Cameron, le réalisateur du film Titanic, était une « mascarade prolongée et cauchemardesque ».
Cameron a lui-même effectué plus de 30 plongées sur le site de l’épave du Titanic ; il savait donc exactement ce qui s’était passé lorsqu’il a appris que le submersible avait perdu le contact avec l’équipe en surface. « Quand les systèmes électroniques du submersible tombent en panne, que son système de communication tombe en panne et que son transpondeur de suivi tombe en panne simultanément, le submersible a disparu », a-t-il déclaré à BBC News. Pour lui, la couverture médiatique concernant les 96 heures d’oxygène du Titan « n’était qu’un cruel et lent tour de vis » qui donnait de faux espoirs aux proches de l’équipage.
Néanmoins, une lueur d’espoir subsistait lorsque, deux jours après la disparition du Titan, le sonar a détecté des bruits de coups sous l’eau toutes les 30 minutes. Mais tout espoir que l’équipage soit encore en vie s’est évanoui tôt jeudi matin lorsque les garde-côtes américains ont annoncé que des débris, « correspondant à la perte catastrophique de la chambre de pression », avaient été retrouvés à environ 1 600 pieds du Titanic.
Une réaction insensible et cruelle
En accord avec l’analyse de Cameron qualifiant l’événement de « mascarade cauchemardesque », la journaliste du Los Angeles Times Jessica Gelt a qualifié les points presse d’« exploitants ». Cela s’est transformé en une « frénésie médiatique bizarre à laquelle nous nous sommes habitués au XXIe siècle — un compte rendu minute par minute de la claustrophobie, des membres gelés, de la confusion et des sautes d’humeur » que les passagers auraient pu ressentir.
Cette terreur, qui s’est déroulée en temps réel pendant quatre jours, n’a été qu’exacerbée par la réaction du public sur les réseaux sociaux. « La joie malicieuse décrit le mieux la teneur de nombreux messages », a rapporté Gelt, « qui comprenaient des moqueries sur la manette de jeu vidéo utilisée pour piloter le Titan, des rires à l’égard des milliardaires à l’intérieur… [et] des blagues sur les effets du manque d’oxygène sur le psychisme humain. »
Puis il y a eu ceux qui ont transformé la tragédie en une leçon philosophique sur les inégalités de revenus. Par exemple, puisque le Titanic lui-même est associé aux « pulsions les plus viles des ultra-riches qui ont fui le paquebot en train de couler à bord de canots de sauvetage tout en laissant les passagers de troisième classe, isolés, mourir », comme il est approprié que leur mort soit vengée sur ceux qui ont payé 250 000 dollars par billet pour voir l’épave.
Mais ceux qui se sont moqués, voire ont pontifié, sur le sort des cinq passagers du Titan auraient peut-être fait preuve de plus de décence s’ils avaient pensé à Suleman Dawood. Le jeune homme de 19 ans était « terrifié » à l’idée de plonger, a raconté plus tard sa tante à NBC News, mais il ne voulait pas décevoir son père « obsédé par le Titanic », qui avait déjà acheté deux billets.
Le prix d’une vie humaine
Qu’y a-t-il derrière tous ces commentaires cruels, si ce n’est la même envie qui a pris naissance dans le cœur de Lucifer ? Cet ange en est venu à haïr « le Très-Haut » parce qu’il ne pouvait pas être « comme » Lui (Ésaïe 14:12). L’envie pousse les gens à dire les choses les plus cruelles — et, comme l’histoire le montre, à les faire si l’occasion se présente. C’est « par envie » que les Juifs ont fait crucifier Jésus (Marc 15:10).
Cependant, toute la polémique sur les réseaux sociaux autour de la tragédie du Titan n’a pas été alimentée par l’envie envers les ultra-riches. Une professeure a tweeté qu’elle était désolée pour le jeune homme de 19 ans, mais que « le traitement inégal entre cette affaire et la catastrophe du bateau de migrants est indescriptible ».
Chaque être humain, riche ou pauvre, a la même valeur.
Et oui, il y avait des enfants parmi eux. Un survivant a rapporté qu’il y avait une centaine d’enfants dans la cale du bateau — là où les passeurs ont l’habitude d’enfermer une partie de leurs passagers pour garder le contrôle. Pourtant, cette tragédie maritime, « la pire […] en Grèce ces dernières années », n’a pas fait l’objet d’ une « couverture médiatique obsessionnelle 24 heures sur 24, comme ce fut le cas pour le Titan ».
La Bible dit que chaque être humain, riche ou pauvre, a la même valeur. Chaque personne a été « rachetée au [même] prix » (1 Corinthiens 6:20) — une somme si élevée que seul Dieu pouvait se la permettre. Il nous a rachetés chacun « par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1:19).
Comme l’a posté un commentateur sur Twitter: « Il est possible de faire une place à la fois aux migrants noyés et aux milliardaires disparus. En fait, pour conserver un semblant de décence humaine, il est nécessaire d’honorer tous les niveaux de souffrance et de mort humaines. »
Pour comprendre votre véritable valeur, regardez la présentation du pasteur Doug intitulée «La valeur d’une âme ».
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