L’aide médicale à mourir au Canada
Le roi Saül, premier monarque d’Israël, et ses fils venaient d’être mis en déroute par les Philistins. « La bataille s’intensifia contre Saül. Les archers l’atteignirent, et il fut gravement blessé » (1 Samuel 31:3). Sachant qu’il allait mourir, Saül ordonna à son écuyer de l’achever. « Tire ton épée et transperce-moi, de peur que ces hommes incirconcis ne viennent me transpercer et m’outrager » (1 Samuel 31:4).
En substance, Saül avait demandé une aide au suicide.
Cependant, l’écuyer ne put se résoudre à passer à l’acte. Saül se suicida donc lui-même. Voyant son roi mort, l’écuyer se suicida à son tour. « Ainsi moururent ensemble, ce jour-là, Saül, ses trois fils, son écuyer et tous ses hommes » (1 Samuel 31:6).
Cela aurait pu être la fin de cette triste histoire, mais pas tout à fait. Un homme du camp de Saül vint trouver David, le successeur oint de Saül, et, pensant qu’il pourrait gagner la faveur du futur roi, inventa une histoire selon laquelle, gravement blessé, Saül lui avait demandé de mettre fin à ses souffrances. « Je me suis donc penché sur lui et je l’ai tué, car j’étais sûr qu’il ne pouvait plus vivre après être tombé. J’ai pris la couronne qui était sur sa tête et le bracelet qui était à son bras, et je les ai apportés ici à mon seigneur » (2 Samuel 1:10).
Cependant, son mensonge n’obtint pas la réaction escomptée. Au lieu de le remercier, David fit tuer l’homme parce qu’il avait « tendu la main pour détruire l’oint du Seigneur » (2 Samuel 1:14).
L’aide médicale à mourir au Canada
Ce récit biblique constitue une bonne introduction au débat qui fait actuellement rage au Canada au sujet de l’aide médicale à mourir (AMM), sa loi sur l’aide médicale à mourir, qui autorise le suicide assisté. Bien que d’autres pays — la Belgique, le Canada, la Colombie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande et l’Espagne, ainsi que certaines régions d’Australie et des États-Unis — autorisent cette pratique, généralement sous la forme d’une boisson mortelle prescrite par un médecin, l’élargissement par le Canada du cercle des personnes pouvant légalement bénéficier de l’euthanasie a suscité une nouvelle controverse.
La BBC rapporte que « depuis 2016, le programme canadien d’aide médicale à mourir – connu sous l’acronyme « MAID » – est accessible aux adultes atteints d’une maladie en phase terminale. En 2021, la loi a été modifiée pour inclure les personnes souffrant de troubles physiques graves et chroniques, même si ces troubles ne mettent pas leur vie en danger. » Cette extension place désormais « le Canada parmi la poignée de pays […] qui autorisent l’aide médicale à mourir pour les personnes ne souffrant pas d’une maladie en phase terminale. »
Et le MAID devrait bientôt autoriser le suicide assisté des personnes atteintes de troubles mentaux, une évolution qui a rendu encore plus inquiètes de nombreuses personnes, déjà préoccupées par l’élargissement de la portée de la loi.
Aktion T4
Pour être honnête, l’aide médicale à mourir n’est pas comparable au programme Aktion T4 de l’Allemagne nazie, dans le cadre duquel des milliers de personnes atteintes de handicaps mentaux et physiques ont été secrètement mises à mort, même si certains considèrent aujourd’hui l’aide médicale à mourir comme la plus grande menace pour les personnes handicapées depuis l’Aktion T4.
C’est pourquoi cette extension, qui doit entrer en vigueur en mars prochain, a suscité des appels à son report. En décembre dernier, trois ministres du gouvernement canadien ont publié une déclaration qui commençait ainsi : « Il ne fait aucun doute que l’aide médicale à mourir (AMD) est une question complexe et profondément personnelle. Nous nous engageons à faire en sorte que nos lois reflètent les besoins changeants des Canadiens, protègent les personnes vulnérables et soutiennent l’autonomie et la liberté de choix. »
« En vertu de la loi actuelle sur l’aide médicale à mourir, l’admissibilité à l’aide médicale à mourir sera étendue aux personnes dont la seule affection médicale est une maladie mentale à compter du 17 mars 2023. À l’écoute des experts et des Canadiens, nous estimons que cette date doit être temporairement reportée. »
Reportée ? Et seulement temporairement ? Pas étonnant que cela suscite des inquiétudes.
Quand et où cela s’arrêtera-t-il ?
Quelle que soit l’opinion que l’on ait de l’euthanasie des êtres humains en général ou de la loi canadienne sur l’aide médicale à mourir en particulier, le suicide assisté a toujours été une question controversée et difficile, que l’on parte d’une position athée laïque ou d’une position profondément religieuse. De nombreux chrétiens invoquent le sixième commandement, « Tu ne tueras point » (Exode 20:13), pour condamner le suicide assisté en toutes circonstances, mais d’autres chrétiens ne voient pas les choses en termes aussi manichéens.
Après tout, certaines versions traduisent ce commandement par « Tu ne commettras pas de meurtre », un terme bien plus restreint que « tuer ». Cette traduction semble en effet plus logique, car le même Dieu qui a donné le sixième commandement interdisant de « tuer » a par la suite ordonné aux Hébreux de tuer ceux qui avaient péché avec le veau d’or. « Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël : Que chacun mette son épée au côté, et qu’il passe d’une extrémité à l’autre du camp ; que chacun tue son frère, chacun son compagnon, chacun son voisin. Les fils de Lévi firent ce que Moïse avait ordonné. Et environ trois mille hommes du peuple tombèrent ce jour-là » (Exode 32:27, 28).
Au-delà de la religion, le grand problème concernant l’aide médicale à mourir (AMM) est son champ d’application qui ne cesse de s’étendre. D’abord les malades en phase terminale ; ensuite ceux atteints de maladies dégénératives ; maintenant, peut-être, les malades mentaux. Quand et pour qui cela s’arrêtera-t-il ? Et qui décidera quand cela s’arrêtera ? Et, plus important encore, quels critères utilisera-t-on pour décider qui vivra et qui mourra ?
David, évidemment, ne voulait pas que quiconque aide à la mort de Saül. Mais supposons que cela ait été quelqu’un d’autre, un simple citoyen, au lieu de « l’oint du Seigneur » ? Cela aurait-il été juste ? Quand le suicide assisté est-il la meilleure option ? Ou bien… est-ce jamais la meilleure option ?
À une époque où les valeurs chrétiennes, qui ont toujours mis l’accent sur la vie (ce n’est qu’après la diffusion du christianisme dans la Rome antique que la pratique consistant à abandonner dans la nature les personnes âgées ou les nourrissons indésirables pour qu’ils y meurent a finalement cessé), s’érodent dans la sphère publique, qui sait ce qui prendra leur place, et quelle valeur, s’il y en a une, cette morale accordera à la vie humaine ? Jésus, parlant de la fin des temps, a dit : « Et parce que l’iniquité se sera multipliée, l’amour de beaucoup se refroidira » (Matthieu 24:12). Certains voient dans cette extension de l’aide médicale à mourir une autre manifestation de Son avertissement.
Bien que nous ne sachions pas où mènera l’aide médicale à mourir au Canada, la Bible évoque les conditions du monde avant le retour de Jésus, et il n’est pas difficile de considérer l’aide médicale à mourir comme l’une d’entre elles. Pour en savoir plus sur ce à quoi s’attendre à la fin des temps et comment s’y préparer, regardez la présentation «Matthieu 24 et 25 ».
\n