Demander pardon aux plantes ?
En septembre, les étudiants de l’Union Theological Seminary de New York, qui se présente comme le lieu « où la foi et l’érudition se rencontrent pour réinventer l’œuvre de justice », ont publié un message sur Twitter qui a retenu l’attention de tout le pays : « Aujourd’hui, à la chapelle, nous nous sommes confessés devant les plantes. Ensemble, nous avons mis en prière notre chagrin, notre joie, nos regrets, notre espoir, notre culpabilité et notre tristesse ; nous les avons offerts à ces êtres qui nous soutiennent mais dont nous négligeons trop souvent de honorer le don. Que confessez-vous aux plantes qui font partie de votre vie ? »
Un étudiant a déclaré pendant le rituel : « Je confesse que tant d’arbres m’ont porté dans leurs branches pendant que je grandissais, mais que je ne vous ai pas soutenus en retour. »
Les chrétiens devraient chercher à prendre soin du monde que Dieu a créé pour nous.
« L’idée générale était de comprendre notre relation avec le monde qui nous entoure », a déclaré Carvalhaes. « Il y a une perspective relationnelle. Ce n’est pas comme si on se disait : “Oh, cette plante est là pour sa beauté, ou pour mes besoins, ou parce que j’ai faim”, mais c’est plus que cela. C’est essayer d’écouter leurs voix, comme nous comprenons la voix de Dieu. »
« Guérir les blessures qui nous entourent »
S’adressant à Terry Mattingly, chroniqueur spécialisé dans l’actualité religieuse, Carvalhaes a évoqué la figure historique catholique de François d’Assise — dont le pape François a tiré son nom — pour justifier le service de confession aux plantes.
« Je dirais que nous essayons d’entrer en relation avec cette terre d’une manière similaire à celle de saint François », a-t-il déclaré à Mattingly. « Lorsque nous nous confessons, nous essayons de guérir cette fracture que nous voyons tout autour de nous dans ce monde, cette fracture qui nous empêche de voir la plénitude de Dieu dans les plantes, la plénitude de Dieu dans les animaux. … Nous devons voir Dieu d’une manière plus large. »
Dans sa vidéo, Carvalhaes soutient que la description de la nature louant Dieu que l’on trouve dans le Psaume 148 est un précurseur du type de confession et de prières organisées par l’Union Seminary (bien qu’il cite par erreur le Psaume 149 dans la vidéo). Mais les métaphores du psalmiste n’incluent aucune forme de repentance devant le « feu et la grêle, la neige et les nuages ; le vent violent… les montagnes et toutes les collines ; les arbres fruitiers et tous les cèdres » décrits aux versets 8 et 9.
Lorsque Jésus, dans Luc 19:40, a affirmé que « les pierres crieraient aussitôt » si ses disciples restaient silencieux, le Sauveur ne considérait pas les pierres comme des êtres conscients. Il disait plutôt que la preuve de sa messianité était si évidente qu’elle ne pouvait être réduite au silence.
Comme on peut l’imaginer, la cérémonie a suscité des réactions vivement critiques de la part de certains milieux. Mattingly a cité le révérend Albert Mohler Jr., président du Southern Baptist Theological Seminary, qui a déclaré dans un podcast : « Si vous n’adorez pas le Créateur, vous adorerez inévitablement la création, d’une manière ou d’une autre. C’est là la forme primitive de l’idolâtrie. »
Au sein des confessions chrétiennes dites « traditionnelles » — un groupe qui comprend notamment l’Église presbytérienne de Carvalhaes, l’Église méthodiste unie et l’Église épiscopale —, le culte qui fait écho à la Terre n’a rien de nouveau. Mattingly, journaliste chevronné spécialisé dans les questions religieuses, se souvient d’un office célébré en octobre 1993 à la cathédrale Saint-Jean-le-Divin de New York, une congrégation épiscopale, où fut jouée la « Missa Gaia », ou « Messe de la Terre », de Paul Winter. Il a écrit: « Les danses liturgiques avec des loups sont, littéralement, une façon de décrire cette grand-messe verte. »
Mais « les plantes ne peuvent pas nous pardonner »
Carl Trueman, auteur renommé sur des thèmes chrétiens et professeur au Grove City College en Pennsylvanie, a noté sur le site web du magazine First Things qu’« un péché confessé simplement à une plante est un péché qui ne peut être pardonné, pour la simple raison que les plantes ne peuvent pas pardonner plus qu’elles ne peuvent être offensées ».
Notant que l’Union Seminary « comptait autrefois des sommités de l’envergure intellectuelle de Reinhold Niebuhr et Paul Tillich », Trueman a écrit que l’école prenait une tournure assez différente dans la formation de la prochaine génération de pasteurs et de prédicateurs.
« Nos églises seront vides dans cinquante ans, et la raison en est sous nos yeux », a affirmé Trueman. « La génération de séminaristes formés aujourd’hui deviendra des ministres et des pasteurs qui n’ont rien à dire — et la plupart des gens ont des choses plus importantes à faire le dimanche que d’écouter ceux qui n’ont rien à dire mais qui veulent être payés pour le dire. »
Paul, s’adressant à la jeune communauté de croyants de Rome, s’est montré encore plus cinglant dans sa réprimande à l’encontre de ceux qui détournent leur regard de Dieu et de sa nature : « Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous, et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en une image représentant l’homme corruptible, ainsi que des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles » (Romains 1:22, 23).
Mais ce n’est pas parce que certaines personnes qui se disent chrétiennes « confessent » leur attachement aux plantes que nous sommes dispensés de prendre soin du monde que Dieu a créé.
Le pasteur Doug Batchelor, dans une leçon d’étude biblique, a déclaré : « Il ne fait aucun doute que ce monde touche à sa fin ; il ne durera pas éternellement. Et oui, Jésus revient bientôt. Tout cela est vrai, mais rien dans ces vérités ne nous donne le droit, ni le mandat, de souiller la terre. Au contraire, en tant que chrétiens, nous devrions chercher à prendre soin du monde que notre Dieu a créé pour nous. »
Vous pouvez trouver cette leçon, intitulée «Prendre soin de la création », en ligne, accessible gratuitement à tout moment. Cette étude instructive replacera la question des problèmes environnementaux dans une perspective biblique appropriée et vous donnera des outils que vous pouvez utiliser dès aujourd’hui pour contribuer à rendre le monde meilleur.
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